Notre Dame de Paris, vingt ans plus tard

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Après vingt ans, que peut-on ajouter à ce qui fut écrit sur Notre Dame de Paris, le spectacle musical? Créée par Luc Plamondon et Ricardo Cocciante, mise en scène par Gilles Maheux, l’œuvre a tenu le rythme du temps.

Il n’est point question de douter du choix des chanteurs et chanteuses de cette tournée. Ils sont à la fois impeccables, talentueux et généreux, mais surtout ils habitent leurs rôles comme s’ils en étaient eux-mêmes les créateurs. L’œuvre, sa création, a réussi à maintenir le cap sur la tendresse, la séduction, l`injustice. En fait, sur tout ce qui se passe dans notre monde et qui n’a point changé depuis 1998.

Évidemment, on entend ce besoin des sans-papiers, des réfugiés, des demandeurs d’asile dans la grande cathédrale de la ville de Paris. On y entend aussi le rejet de ces gens, les gitans, par le curé même de la cathédrale. On peut y voir comme en 1998, un parallèle avec les gens de certains pays de notre petite planète. Ces gens qui vivent dans des pays en guerre et en chaos et qui doivent tout quitter pour aller demander asile ailleurs et qui trop souvent reçoivent des refus et des rejets, le parallèle est fort entre Notre Dame de Paris de 2018 et la situation géopolitique actuelle. La modernité est présente, tout comme l’histoire et le drame révélés avec brio par Gringoire (Richard Charest), le poète narrateur et impliqué.

Les personnages sont convaincants à commencer par Frollo (Daniel Lavoie), ce prêtre habillé en corbeau, incapable de contrôler ses pulsions, Esmeralda(Hiba Tawaji), jeune et enthousiaste danseuse, puisant dans sa sensualité pour mieux s’amuser, Fleur-de-Lys (Idesse qui remplaçait Valérie Carpentier, cette dernière souffrant d’un problème de voix), très jeune, de sa naïveté nait une force de caractère qu`elle manipule d`un ton de fer pour conserver Phœbus (Martin Giroux) son homme, le soldat de carrière, celui qui veut améliorer sa situation et qui acceptera sans sourciller la pendaison d’Esmeralda, et il y a Clopin (Jay), roi de la Cour des Miracles, cette place malvenue, lieu de toutes les perditions, et père adoptif d’Esmeralda. Il ne faudrait surtout pas oublier le point central de cette fresque, Quasimodo (Angelo del Vecchio), transi de douleur, comprenant si bien le sort des sans-papiers et prêt à tout pour son Esmeralda.

 

Cette œuvre n’existerait pas sans ces voix qui nous tiennent en palpitations et en fébrilité, ces voix nous font frissonner. Chacune des chansons du spectacle apporte un moment à l`histoire; il y en a des tendres et d`autres dramatiques et ce sont ces voix, ces interprètes qui doivent nous transmettre les mots, mais aussi le ton, les émotions. La combinaison, le mélange de ces voix sont un succès.

De la troupe originale, seul Daniel Lavoie est de retour sur scène. Je l’ai trouvé encore plus convaincant dans son rôle qu’il y a vingt ans. Il est particulièrement menaçant et effrayant et l’ajout d’une cape en forme d’ailes à son costume le rend encore plus diabolique. L’œuvre est forte, puissante et demande aux interprètes-comédiens d’être capables de participer à cet ensemble afin que leur individualité s’efface pour permettre une cohésion qui fait un tout unique. L’œuvre ne serait rien sans l’apport de tous.

Qui dit soir de première dit soir de vedettes, soirée où les médias et les artistes sont invités à assister au spectacle. C’était aussi soir d’audience, celle qui a payé son billet et qui tout au long de la prestation sembla hypnotisée. Le public était respectueux; il démontrait comment tous écoutaient avec passion. C’est de cette passion que naissaient entre chaque numéro des gens hurlant leur joie et leur enthousiaste par des applaudissements bien sentis.

Personnellement, j’ai des chansons préférées et j’aimerais vous les présenter, car elles furent spécialement bien interprétées. Mon numéro un est Florence, car on reconnait qu’à l’avenir bien des choses vont changer. Bien qu`il n`y ait pas de notions à propos des demandeurs d`asile, on y mentionne que les gens vont évoluer avec la lecture et surtout celle de la bible. L`histoire des humains que nous sommes a démontré à quel point lire la bible a permis à la population d’examinez et parfois de rejeter son contenu. Le savoir et la connaissance appartiendront à tous, malgré les réticences des gens du pouvoir. La chanson utilise un duo fort intéressant entre Gringoire et Frollo. J`ai toujours des frissons en l`entendant.

Par la suite, les autres favorites sont en ordre de coup de cœur : Les Cloches, Le Pape des fous, Lune, Déchiré et Le Val d‘Amour.

Les acrobates et les danseurs prennent une place respectée par tous et nous fascinent, nous mettent du brillant dans l`œil par leur souplesse, leurs chorégraphies et leur énergie. Ils sont une partie essentielle du spectacle et ajoutent un éclat à l’histoire.

Notre Dame de Paris nous replonge dans le plaisir, dans le sourire et dans l`attention qu’on doit avoir lorsqu’on assiste à spectacle. Notre Dame de Paris ne peut laisser personne indifférent, on peut aimer ou pas, mais on ne peut qu’être touché. L`œuvre dépasse sans contredit les interprètes originaux. C’est à voir et à frissonner d’émotions.

Finalement, une première se doit d’avoir comme invités les auteurs, Luc Plamondon et Richard Cocciante, le metteur en scène, Gilles Maheux, le chorégraphe, Martino Müller ainsi que toutes les personnes ayant contribué au succès du spectacle. Une surprise attendait tout ce beau monde, une reconnaissance de 100 000 billets vendus, un beau cadeau d’anniversaire!

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